Léo Prat et la forme blanche
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Léo Prat et la forme blanche

De Bernard Vitiello

Editeur : Les Editions Demeter
Parution le : 2 Avril 2011
ISBN : 978-2-9165-4862-3
EAN13 : 9782916548623
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Marseille, chairs et sang. Trois femmes, trois meurtres, un rituel, et ce n’était pas fini. Pour Léo Prat, pour sa Léa, pour Ned le chat, l’abominable tableau de chasse d’un tueur en série n’aurait dû être qu’un aimable fait divers comparé à ce qu’ils allaient connaître... «L’expérience la plus extraordinaire, la plus terrifiante que l’espèce humaine eût jamais vécue.» Seulement voilà, quand la réalité croise la fiction, ça fait de drôles d’étincelles, des courts circuits. Le Serrurier, le Gaucher des ténèbres, les Créatures, la Poupée, vous parlez d’une galerie de portraits !
Après "Noir Divan", Vitiello s’attaque ici au polar fantastique avec la même jouissance d’écrire, le même plaisir sadique de raconter l’insoutenable lourdeur de l’être. Une intrigue millimétrée, un style hors d’haleine, et une couverture signée du grand Claeys... Bon appétit !


Prix conseillé : 20,00 € - Prix : 19,00 €Commander

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Léo au pays des GÉANTS…
« Ainsi va des adultes comme sont les enfants : imprévisibles, espiègles et pataugeurs ! » (« Léo Prat et la forme blanche », p.29, Demeter Noir).
Une imagination loufdingue, un rythme haletant ! Avec cette volupté que Vitiello sait si bien instiller dans le frisson de la peur, on se laisse entraîner dans le sillage de ces petits personnages débordant de courage, de panache, avec leur cœur gros comme ça…
C’est sanglant, cruel, et c’est magique. Les héros nous embarquent dans leur quête de mômes têtus, touchants ; ils font péter toutes les limites, se font peur, sont téméraires et mordants, comme seuls les mômes savent faire. Sur ces chemins de traverse, on croise des fées magnifiques et très amochées, des monstres, des patibulaires, d’horribles géants et des jouets de fou, grandeur nature…
« Léo Prat » est à la croisée du policier, du fantastique et de la SF, on l’ouvre, et on ne le lâche plus : on est emporté, bluffé, chambardé, ému, bouleversé. Le style est puissant, charnel, entre symphonie et jazz : ça percute, ça prend aux tripes, avec des sourdines mélancos, des arrêts images et des retours arrière, des swings, des coups de poing. C’est brillant, maîtrisé, subtil : on est empoigné et on n’a pas envie que ça s’arrête.
L’humour, chez le Vitiello, ça décape, avec beaucoup de dérision et des moments de tendresse amère ; c’est aussi iconoclaste qu’émouvant. Sève, vie et sang, entre torrent fou et lave bouillonnante.
C’est aussi une histoire d’amour fou : deux complices, deux amants, des jumeaux. C’est jubilatoire, jouissif, profondément VIVANT !
Et puis, et ça, ça tient vraiment de la grande et belle littérature qui n’a ni couleur ni allégeance, sur notre chemin de lecteur, on rencontre des failles, des déchirures, battements de cœur, de tambour : on a quelquefois l’impression que le temps, comme les amants jumeaux, se dédouble : dans un crépitement métallique, l’engrenage grippe, repart en arrière et des flashes, des sensations, des images se dupliquent, comme pour exorciser quelque chose… Et puis, la mécanique se remet en mouvement, après avoir recraché une pensée, une image ; on a l’impression d’une pause-retour-arrière, une espèce de ressassement pour conjurer le mauvais sort et les monstres, pour se redonner un peu de lumière, un peu de force pour la route et ses détours, ses (més)aventures.
Enfin, et ce n’est pas la moindre des qualités de ce bouquin, en compagnie de Bernard Vitiello, on se régale à baguenauder à travers Marseille, un Marseille de cinéma noir, plus vrai que nature. Parce que le bouquin de Vitiello, c’est aussi un hymne poétique à Marseille, ses odeurs, son côté soleil-canaille, soleil-gouaille, ses coups de gueule, ses humeurs moites, tonitruantes, chagrines et sombres plus souvent qu’on n’imagine ; ses ruminations de grande bête lascive, pouilleuse, pourave, noble et sensuelle, comme on l’aime.
Un bouquin qui mérite des tonnes de lecteurs, des prix… et un truc dingue pour un réalisateur de cinéma.
Y'aël


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